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    The Shining (bbe-2006)

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    THE SHINING (BBE-2006)
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    Mis en ligne le 17 Avril 2007
      Photo de The Shining (bbe-2006)
    A ceux qui l ignoreraient encore, Jay Dee c'est Slum V, The Pharcyde, A Tribe Called Quest, Q-Tip, Common, D'Angelo, Questlove (The Ummah, Soulquarians)... Bref, quand la production de certains morceaux de Beats, Rhymes And Life pour ATCQ en 1996 le fait connaître des plus exigeants des beatheads, c'est une nouvelle impulsion dans un Hip Hop qui tend à se reposer sur ses lauriers.


    Décédé en février 2006, la perte fut énorme pour la musique noire américaine, et les hommages de toutes sortes se sont multipliés (le dernier en date est bien sûr le fabuleux GameTheory de The Legendary Roots Crew).


    C'est donc au mois d' août que sort The Shining, premier album posthume du maître de la MPC, dont la finalisation de la production est l'oeuvre de son vieux pote Kareem Riggins.


    Et on se rend compte dès les premières notes qu'on n'est pas là pour rigoler : Geek Down, instru sombre et flippante à foutre un infarctus à Charles Manson, pose une ambiance des plus oppressantes. On oubliera vite le rap de Busta Rhymes, franchement vain et agaçant.


    Puis c'est la débauche d'instrus excellentes, de featurings exceptionnels; bref, un Dilla qu'on pourrait croire au mieux de sa forme.


    Une fois n'est pas coutume (Dilla n 'est pas connu pour être adepte de ce genre de sons), c'est un vocoder qui ouvre le somptueux E=MC2, sur un beat dans le plus pur style du producteur de la Motor Town, véritable anthem pour headbangerssur lequel se pose un Common comme toujours irréprochable. Jay Dee prend lui aussi le mike, et la mayonnaise prend tout de suite.


    Puis vient Love Jones, à mon sens LE bijou de cet album: un beat efficace d'une grande sobriété, une caisse claire sèche et brutale à souhait au service de cuivres puissants et parfaitement placés... C'est court,mais si bon !


    Pharoahe Monch continue les hostilités sur une instru souly as fuck, accompagné de choeurs fabuleux.


    Madlib et Guilty Simpson rendent ensuite hommage à leur pote sur un sample des Jackson 5 que les plus exigeants ne pourront dénigrer : Jay Dee sait se servir de ses engins, et c'est toujours aussi impressionnant d' entendre comme il peut redonner vie à un sample pourtant grillé à des kilomètres.


    Puis tout à coup, il se passe quelque chose : Common et D'Angelo se posent sur Bye, l'un des plus beaux morceaux de Donuts. Common nous gratifie d'un rap poignant, et D'Angelo met sa voix suave au service d'un morceau tout simplement extraordinaire : la crème du emceeing, du deejaying et de la Nu Soul, ça donne So Far To Go, et il ne fait aucun doute que ces trois-là réussissent à arracher quelques sanglots aux plus addicted d' entre nous.


    On redescend sur terre avec Jungle Love, un beat lourd comme un char d'assaut qui nous rappellera les prods de Jaylib et Welcome 2 Detroit ; c'est pesant et menaçant, même si la descente après So Far To Go reste abrupte. Cette ambiance de film d'épouvante continue avec Over The Breaks, une instru au style très Moroder ; un exercice de style certes déstabilisant à la première écoute, mais véritablement très plaisant quand on prend le temps de s'y attarder un peu. On passera sur Body Movin', au beat certes irréprochable, aux scratchs disséminés avec parcimonie mais... ça ne prend pas


    Dwele nous livre un Dime Piece très classieux, servi par une prod truffée de Rhodes planants et par un beat une fois de plus excellent... du Jay Dee dans la plus pure tradition.


    On regrettera quelque peu le Love Movin' de Black Thought, un rap étonnant de platitude, ce qui n'est pas l'habitude du MC de Philly.


    Ce Shining s'achève sur un Won't Do tout bonnement génial, dans le sens propre du terme : une ambiance superbe, une production irréprochable, où Dilla nous gratifie même de quelques vocalises bien senties.


    Bref, malgré deux morceaux un peu décevants, la magie est toujours là, et de perles telles que Love Jones, So Far To Go et Won't Do méritent l'appelation de chef d'oeuvre.


    C'est sûr, quelque chose a survécu...


    Crazyfucka
     
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    Année de sortie de l'album: 2006
    Verdict: Incontournable
    Rédigé par: Crazyfucka